Être artisan RGE, comment accompagner ses clients après la refonte de MaPrimeRénov' ?

23 octobre 2025

L'artisan RGE en 2025 : une expertise valorisée, mais un contexte plus incertain

  • Le savoir-faire reste cette année encore le principal atout des artisans RGE et le premier critère de choix pour leurs clients (80%), la reconnaissance d’une expertise spécifique et certifiée étant de plus en plus mise en avant (25%, +9 pts).
  • De fait, 64% des artisans interrogés évaluent que les travaux de rénovation énergétique sur des logements de particuliers représentent la moitié voire plus de leur activité. Pour autant, si elle est toujours massive, la part de leur activité s’inscrivant dans les missions propres au label RGE montre de premiers signes d'érosion : la part des artisans pour qui cette activité est quasi-exclusive (plus de 75% de leur temps) diminue de 4 points en un an (41%). Si l'intention de conserver la certification RGE demeure quasi-unanime (90%), elle s’érode légèrement cette année (-3 pts). Ce léger repli traduit à la fois une lassitude face aux contraintes du label (coûts, démarches administratives, contrôles) et un contexte d’incertitude lié à la refonte de MaPrimeRénov’. Après une suspension de plusieurs mois et une reprise progressive, nombre d’artisans ont vu leurs chantiers reportés, annulés ou renégociés — un climat d’attente et de complexité qui a pesé sur l’activité RGE.

Le financement, un parcours de plus en plus complexe pour les clients… et pour les artisans

  • Le manque de moyens constitue un frein grandissant pour l’engagement des travaux en 2025. Près de trois artisans sur quatre (73%) citent ce motif, et plus de la moitié (51%, +6 pts) le considèrent comme LA principale raison des refus de leurs devis.
  • Les démarches d’accès au financement apparaissent de plus en plus ardues : 69% des artisans estiment qu’elles constituent un obstacle pour leurs clients (+6 pts). Moins d’un sur deux juge l’offre de financement claire (44%, -3 pts).
  • Les aides publiques cristallisent particulièrement les critiques : 7 artisans sur 10 estiment que les démarches pour y accéder freinent le lancement des travaux (71%, +5 pts). Le manque de lisibilité des dispositifs est flagrant : moins d'un artisan sur deux estime que l'offre en matière d'aides financières est claire pour les particuliers (42%, -4 pts). Les évolutions de MaPrimeRénov’ — critères d’éligibilité resserrés, plafonds revus, et délais d’instruction rallongés — nourrissent ce flou. Conséquence, la part d’artisans déclarant que leurs clients ont financé leurs travaux grâce à des aides gouvernementales chute de 15 points en l’espace d’un an (49%).

Quels services les artisans peuvent-ils proposer à leurs clients ?

  • Aujourd’hui, tout juste un artisan sur deux se sent capable d’aider ses clients à constituer leur dossier de demande d’aide type MaPrimeRénov’ (56%, -3 pts). A peine un sur cinq externalise cette tâche à un prestataire spécialisé (21%, +4 pts).
  • Face à cette complexité, le modèle d’une solution « clé en main » — combinant accompagnement administratif, crédit pour le reste à charge et avance immédiate des aides — séduit. Plus d'un artisan sur deux estime qu'elle faciliterait l'acceptation de ses devis (54%) et l'engagement des travaux (50%). Au total, 59% des artisans perçoivent l'utilité d'une telle solution dans au moins une de ces situations. Et pour cause, les retards de versement des aides continuent d’affecter la trésorerie des entreprises. L’avance immédiate du montant des aides par un tiers de confiance apparaît donc comme une piste concrète d’amélioration (45%).

Le paiement en plusieurs fois : grand gagnant de l'année 2025

Dans ce contexte d’instabilité et de contraintes budgétaires, le paiement en plusieurs fois s’impose comme l’un des rares leviers dynamiques : 29% des artisans constatent un recours à cette solution de la part de leurs clients (+8 pts).

Ces solutions qui occupent une place croissante dans les choix de financement des Français sont pourtant encore peu déployées par les artisans : seuls 31% des artisans RGE affirment proposer des solutions de financement variées, adaptées aux situations financières de leurs clients. Mais elles progressent toutefois de 6 points en un an et pourraient augmenter encore. En effet, trois artisans sur dix aimeraient diversifier les solutions de financement qu’ils proposent à leurs clients (29%, +3 pts). Or, le manque de connaissance des dispositifs existants reste un frein (39% déclarent mal les connaître). Le potentiel d’évolution reste donc fort, à condition d’un meilleur accompagnement à la fois pour les clients… et pour les artisans.

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